1001 façons de te perde

Quatrième façon de te perdre

Mon amour,

Il y a tellement d’instant où mon cerveau vrille et que je pense t’avoir perdu… Par exemple, ce lundi soir où nous étions allés courir. Je n’en pouvais plus à cause d’un vilain point de côté et je me suis arrêtée en te signalant de continuer et que l’on se retrouverai comme la dernière fois.

J’ai marché, j’ai même tenté de courir mais impossible, j’avais une douleur atroce… J’ai la respiration difficile comme à chaque fois à cause de mon asthme à l’effort et mon champ de vision doit être grandement réduit. J’arrive au premier endroit où tu aurais pu t’arrêter. Et je ne te vois pas. Alors je continue. Tu dois sûrement m’attendre là où la première fois que nous avons couru, je me suis arrêtée. Alors je marche.

Arrivée à ce second point, rien. Je ne te vois ni devant ni derrière. Cela m’inquiète… Aurais-tu pensé que je t’aurai dit de m’attendre au pied du pont pour retourner à la maison ? Je marche de plus belle. C’est bizarre. On ne se serait vraiment pas compris. Alors je marche, incapable de courir. Je marche.

Je marche.

Devant je ne te vois pas.

Je me retourne, non plus.

Je marche.

Encore.

Je me retourne, rien.

Je marche.

Et puis j’arrive au pied du pont mais tu n’es pas là non plus. Alors je m’assoie sur un rocher et je me dis que de toute façon pour rentrer à la maison tu devras bien passer par là, et je ne veux pas prendre le risque de te louper si je me déplace.

Mais c’est bizarre… Comment est ce qu’on aurait pu ne pas se voir ? Aurais-tu fait le grand tour ? Non, on a dit qu’on se retrouvait et j’ose croire que la dessus on s’est compris. Alors quoi ? Il a dû forcément t’arriver quelque chose. Ce n’est juste pas possible. Du coup je fais quoi ? Je reste là et j’attend ? Je retourne sur le circuit ou je rebrousse chemin ? Quel choix prendre ? Lequel est le bon ?

S’il t’est arrivé quelque chose c’est entre le moment où on s’est quitté et ici alors je décide de rebrousser chemin. Et là j’ai mes yeux grands ouverts. Je regarde le bas côtés, quand j’arrive sur le petit pont je vérifie des deux côtés dans la rivière. S’il t’es arrivé la moindre chose JE DOIS te trouver. J’ai peur. Atrocement peur. Je suis terrifiée et incapable de pleurer tellement j’ai peur.

Je n’ai pas mon téléphone, aucun moyen de te joindre. Qu’est ce qui a pu t’arriver et comment n’ai je pas pu te voir ? On entend parfois des histoires sur des gens qui vont courir et qu’on retrouve mort … Ho mon amour où es tu ?

Je suis terrifiée et en même temps incapable de demander de l’aide à quelqu’un que je croise. J’ai peur.

Où es tu ?

Mon coeur.

Mon amour.

Mon chéri.

Mon homme.

Où es tu ?

OU ES TU ?

J’AI PEUR !

Et je marche.

Encore.

Encore.

Je dépasse là où on s’est séparé. Mon cerveau est déconnecté, il a dû t’arriver quelque chose, ce n’est juste pas possible. Je me dis que je vais finir le tour et allez voir nos amis qui habitent en face et leur demander de te joindre. IL A DU SE PASSER QUELQUE CHOSE ! Ce n’est pas possible. Et moi qui suis incapable de courir. Si tu as un problème chaque minute est précieuse. VITE.

Je cherche.

Je regarde partout.

J’ouvre grand les yeux et je marche.

J’ai l’esprit en feu, le coeur qui bat à tout allure et je suis incapable de parler et de pleurer. J’ai peur !

Je croise des gens qui se promène, d’autre qui court et au final je n’y prête plus attention dès que mon cerveau détecte que ce n’est pas toi. Et puis vient un jeune homme et son chien. Dans ma tête je pense à nos amis qui veulent un husky. Ce husky est beau comme tout. Cette réflexion dure un quart de seconde car vite je me reconcentre : tu as disparu. Et là, le jeune homme s’arrête et s’adresse à moi.

Salut ! Y a Laurent qui te cherche. Je l’ai croisé un peu plus loin.

Et là je bug. Mon cerveau n’arrive plus à suivre. Je tente de le remercier d’une voix rauque car ma gorge est nouée. Tu n’as rien. Tu vas bien. Je m’éloigne vite. Il faut que je te trouve. Tu n’as rien. Merci mon Dieu. Et voilà que les larmes arrivent tout doucement.

Tu n’as rien.

Tu vas bien.

Mais où es tu ?

Je marche, il faut que je te retrouve. J’arrive à la fin du tour, un peu avant le pied du pont et là, je te vois enfin. Tu es là au loin. Je le sais, c’est ta silhouette. Et je pleurs de plus en plus. Tu vas bien. Tu es là. Tout vas bien. Et tu cours vers moi. Tu es mort, transpirant, affolé et tu me sers fort dans tes bras et je pleure.

J’ai cru qu’il t’étais arrivée quelque chose.

Moi aussi mon amour. J’ai eu si peur …

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