1001 façons de te perde

Troisième façon de te perdre

Mon amour, te rappelles-tu de tous nos aller retour entre Cergy et Aix en Provence ? Cette période me semble tellement loin maintenant mais à l’époque la semaine me paraissait bien trop longue et nos week-ends bien trop court… Un week end sans te voir me semblait impossible tant ta présence me manquait la semaine. Te retrouver chaque vendredi soir et te serrer fort dans mes bras était la meilleure chose de la semaine. Et chaque lundi matin était déchirant.

Te rappelles-tu que les dimanches soirs je n’arrivais pas à m’endormir tellement je ne voulais pas être le lundi, et que je préférais ne pas dormir et passer un maximum de temps avec toi. En dormant le temps passe plus vite et on arrivait trop vite au lundi matin. Je voulais passer un maximum de temps en ta présence. Apprendre par coeur les traits de ton visage.

Le lundi matin c’est avec une boule au ventre que je te laissais passer les portiques de l’aéroport. Te voir partir loin de moi pour la semaine me déchirait le coeur à chaque fois. Mais j’essayais d’être forte, pour nous. En ta présence je me sens tellement moi, tellement bien, invincible et en même temps si fragile. Te voir partir au loin c’est un peu comme perdre ma carapace, mon bouclier et mon réconfort.

Mais le pire, c’était quand tu coupais ton téléphone pour le trajet d’avion. Pas de nouvelles, silence radio. Et là, une bonne amie à moi, la paranoïa, me dit :

Et si ?

Et si ? Et si l’avion se crachait ? Et si l’avion était détourné ? Et si tu avais un problème de santé ? Et si un passager s’en prenait à toi ? Et si ….
Mon cerveau bouillonnait sous le stress et toutes les possibilités qui s’imaginait en moi. Partant toujours plus loin et parfois même dans l’absurde. Mais pour moi cette possibilité aussi infime soit elle de te perdre me rendait malade.

Et s’il t’arrivait quelque chose ?

Panique, sueur froide, tête en vrac, j’ai chaud, j’ai froid, j’ai la tête qui tourne, le souffle court, POURQUOI n’ai je toujours pas de nouvelles ? Je regarde l’heure, puis à nouveau, même pas une minute n’est pas passée… Mais je m’inquiète. Il n’est pas l’heure encore de ton arrivée et les minutes semblent s’éterniser. Pourquoi ne s’écoule-t-elle pas plus vite ?! Vite aller ! Qu’il soit enfin l’heure et que je reçoive ton message qui me dit que tu es bien arrivé.

Vite.

Plus vite.

Je ne tiens plus.

Pourquoi le temps est si long ?!

Je vais devenir folle…

Il faut que je m’occupe, n’importe quoi, du moment que mon cerveau pense à autre chose, ainsi le temps s’écoulera plus vite.

Et puis, enfin, c’est l’heure.

Et là les secondes sont des heures…

Jusqu’au moment où je reçois LE message tant attendu.

Je suis bien arrivée, je t’aime.

Et là, tout mon monde se remet à tourner.
Mais, et si je n’avais jamais reçu ce message ? Et si, ton avion n’était jamais arrivé ? …

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